Entre Seine et Somme à vélo - Étape 2

Samedi 30 mai - de Thieux à Avrigny - 62 km

Hier soir, mon logeur me confectionne une grosse pizza campagnarde copieusement garnie, à emporter mais où ? En chambre pour moi, installé sur une table basse devant le ventilateur ! Je n’en parviendrai pas à bout malgré l’accompagnement bienvenu d’une canette de bière et des pauses pour faire passer sur mon blog quelques photos une à une. Et puis au lit, en tenue d’Adam, sans drap de dessus ni couette, pour quelques périodes de sommeil alternant avec la gestion habituelle de mes problèmes d’origines arthrosiques, prostatiques, neurologiques, liste non exhaustive !

Ce matin, à 5h, je ne tiens plus au lit et, à 6h, je suis sur mon vélo ! Et c’est parti pour trois premières heures de pédalage jusqu’à Senlis qui me combleront. Ce fut d’abord la campagne, à travers champs de blé, de maïs, de betteraves avec quelques parcelles de bois préservées et un léger vallonnement : rien à voir avec la monotonie de la Beauce ! Avec aussi quelques jolis villages bien fleuris. Et puis vint la forêt d’Ermenonville : je ne suis pas passé par le site le plus connu, celui de la Mer de Sable, mais j’ai tout simplement apprécié ces pistes forestières bordées de feuillus très variés avec quelques enclaves de pins.

Élise m’avait de nouveau commandé des photos d’animaux ! J’en ai bien aperçu quelques-uns : plusieurs lapins, un écureuil, une chevrette et son chevreau, mais aucun ne s’est montré coopératif. J’ai tout juste réussi à capter un cheval dans son pré ! Alors j’ai tenté de photographier des arbres, en particulier de beaux chênes, mais sans grande réussite : notre œil est capable d’isoler un spécimen pour en apprécier la beauté, mais, en photo, on n´obtient rien d’autre qu’un ensemble d’arbres indistincts.

J’arrive à Senlis à 9h, le ventre toujours vide. Je me contente d’un rapide aperçu des remparts et d’un petit tour par les rues pavées du centre-ville avant de m’acheter en boulangerie un pain au chocolat, un jus d’ananas et un café sans sucre, en ne manquant pas de tenter mon coup habituel qui ne marche jamais : « C’est moins cher sans sucre ? ». Et je petit-déjeune sur un banc de la place car les boulangeries zoreilles ne se sont toujours pas décidées à installer leurs propres tables et chaises.

Comme mon temps est compté, je mets à profit cette pause pour supprimer mes trop nombreuses photos sans intérêt avant que le Cloud s’en empare, pour me réserver un restaurant pour midi à Pont-Sainte-Maxence, et pour avancer dans mes recherches d’hébergements. Sur ce dernier point, après quelques échecs et avec quelques compromis par rapport à ce que j’aurais idéalement souhaité, j’ai déjà trouvé à me loger jusqu’à lundi soir.

Entre Senlis et Pont-Sainte-Maxence, l’itinéraire de la Scandibérique, que je suis aujourd’hui assez fidèlement et qui est plutôt bien signalé, me fait traverser une nouvelle forêt, celle d’Halatte. C’est heureux car la chaleur commence à se faire sentir en cette fin de matinée. Cela ressemble beaucoup à la forêt précédente ! Les pistes forestières sont cependant un peu plus vallonnées et cela se termine par une jolie descente vers la vallée de l’Oise.

J’arrive à midi tout juste à mon restaurant, choisi pour le subtil jeu de mots de son nom : L’Art d’Oise ! Et ce fut une très bonne pioche, du genre semi-gastronomique, avec une ardoise pas très fournie, ce qui est généralement bon signe. Je me paie un repas complet mais léger : carpaccio de betteraves, chèvre et noix en entrée ; pavé de merlu, poireaux en deux façons en plat ; crème brûlée à la griotte en dessert. Avec un seul verre de vin blanc car j’ai encore à pédaler.

Il ne me reste en fait qu’une dizaine de kilomètres à parcourir, mais la chaleur s’intensifie. L’hébergement que j’ai trouvé se trouve à l’écart de mon itinéraire prévu dans un petit village de campagne. Pour le rejoindre, il faut d’abord s’éloigner de la vallée de l’Oise par des pistes cyclables peu agréables longeant des routes sur lesquelles la circulation automobile n’est pas négligeable. Plusieurs ronds-points sont à négocier avec prudence.

Heureusement, les derniers kilomètres sont ensuite beaucoup plus tranquilles sur petites routes de campagne à travers champs, semblables à celles de mon début de parcours. C’est donc en toute quiétude que j’en termine pour aujourd’hui. Je suis installé dans un hôtel-restaurant basique, mais il y a la télé dans ma chambre. C’était LA condition pour ce soir afin de pouvoir regarder la finale de la ligue des champions entre Arsenal et le PSG. Coup d’envoi dans moins d’une heure : je publie le texte de cet article, les photos suivront dans la nuit.

La trace du jour : 62 km

Pizza en chambre hier soir

Mon vélo apprécie le lever de soleil !

L’église de Moussy-le-Neuf

Premiers coquelicots



Mon vélo n’apprécie pas les chemins creux !

Dans la campagne


Mon vélo apprécie les beaux chênes





Le cheval pour Élise

L’église de Pontpoint

L’Oise à Pont-Sainte-Maxence

Le pavé de Merlu

La campagne en fin de parcours


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