Entre Seine et Oise à vélo - Étape 11
Lundi 8 juin - de Bolbec à Rouen - 71 km
Hier soir, je me rends à la Pizz’up à proximité de mon hôtel. Le pizzaïolo, qui n’est pas une pin-up, propose essentiellement des pizzas à emporter, mais son local comporte quand même une petite table ronde sur laquelle il m’installera. Je choisis bien sûr une pizza normande, taille enfant, qui se révélera très bonne en goût et suffisante en taille. Accompagnée, à mon grand regret, d’un Coca car, ici, on ne sert pas d’alcool, donc pas de bière.
Dodo dans la norme, réveil à 5 heures et départ avant 6 heures sans réveiller le gérant de l’hôtel. Il fait un peu moins frais ce matin, mais le ciel est toujours très nuageux et le restera toute la journée. Je retrouve difficilement le fil de la VéloCauchoise qui ne correspond plus à la trace que j’avais téléchargée. Je m’invente finalement mon propre parcours qui me permettra de rouler à bonne allure jusqu’à Lillebonne.
La ville est encore endormie, à l’exception des éboueurs et des ouvriers pilotant les balayeuses de rues. Il en va de même plus loin à Port-Jérôme. Je poursuis donc le plus directement possible vers Norville, petit village sans commerces. J’atteins la rive droite de la Seine à peu près en face de l’endroit où j’avais rencontré l’année dernière Méta et Antoine. Je pense à eux et espère qu’à 83 ans (car ils doivent avoir un an de plus !) ils sont toujours en forme et qu’ils sont actuellement en plein pédalage.
Je me dis aussi qu’il ne me reste plus qu’à suivre le fleuve pour ragagner Paris, mais je sais que je m’en écarterai assez souvent et que cela devrait me prendre encore 4 jours en suivant plus ou moins la véloroute de La Seine à Vélo. Sur 3 kilomètres, je reste fidèle à cet itinéraire qui longe le large fleuve au plus près. De belles villas se montrent aux pieds de falaises calcaires, jolies mais bien moins hautes que celles du bord de Manche.
A Villequier, toujours pas de commerces, mais de très anciennes maisons, certaines datant de la fin de l’avant-dernier siècle. Ce n’est qu’à Candebec-en-Caux que je trouve enfin moyen, après 3 heures de pédalage presqu’ininterrompues, de m’acheter en boulangerie un pain au chocolat (à deux barres) que j’irai manger au bar voisin en l’accompagnant d’un cappuccino.
Et puis je vais déjà faire une première infidélité à ma nouvelle véloroute afin de raccourcir mon parcours du jour jusqu’à Rouen. Jusqu’à Duclair, j’emprunte une voie verte trouvant à nouveau son berceau sur une ancienne voie de chemin de fer. Ce tronçon d’une dizaine de kilomètres me ravira. On s’élève un peu sur le coteau, ce qui offre des points de vue sur la vallée. On alterne entre parties boisées et urbanisées.
C’est assez fréquenté. Je discute un moment avec une dame d’une soixantaine d’années avec ses deux chiens, un gros et un tout petit Yorkshire, de 13 et 14 ans. Elle se fait un devoir de les promener car elle n’aime pas sortir ni voir du monde ! Pourtant, elle me déballera ses problèmes de santé, avec un cancer en rémission mais nécessitant encore un traitement qui la fatigue.
Plus loin et plus gai, je suis arrêté par un troupeau de 7 petits enfants âgés de 2 à 3 ans. Ils sont visiblement très intrigués par ce vieux monsieur à vélo avec de grosses sacoches. Évidemment, ils ne sont pas seuls et les deux employées de leur crèche, qui leur font faire une petite promenade, leur demandent de ne pas embêter le monsieur.
Au niveau du Trait (Le Trait est une commune), je traverse une zone d’habitations qui attire mon attention : des maisons anciennes, se ressemblant toutes, avec chacune un petit jardin. Un panneau m’apprend qu’il s’agit d’une cité-jardin, construite entre 1920 et 1930, pour loger des ouvriers polonais et italiens venus travailler sur le chantier naval, le but étant qu’ils s’y installent durablement avec leurs familles. Hélas, il n’est plus question d’un tel accueil des travailleurs immigrés aujourd’hui !
À Duclair, les restaurants traditionnels sont tous fermés le lundi ! Mais je trouve un lieu atypique, la Bulle Gourmande, pour me poser. C’est à la fois un lieu de vente d’objets retapés et un petit espace de restauration. Une carte très restreinte de plats faits maison est proposée. L’œuf cocotte et la quiche lorraine, accompagnés d’une blonde locale légère mais ayant du caractère, me donneront toute satisfaction.
Cet après-midi, je vais suivre sans m’en écarter un itinéraire que j’avais conçu pour rejoindre Rouen par les hauteurs en évitant ainsi les routes trop à forte circulation de la vallée. Cela m’obligera à une montée de 5 kilomètres mais douce (j’avais bien étudié les courbes de niveau !) que je négocierai tranquillement. La suite aura évidemment un profil descendant sans problème malgré quand même un partage avec les voitures à négocier prudemment.
Arrivé en ville, le suis content de constater que de bons aménagements ont été réalisés pour les cyclistes avec de nombreuses voies dédiées. Mais, petit désagrément, une averse survient, ce qui m’obligera à m’abriter une quinzaine de minutes sous un arbre des jolis jardins de l’hôtel de ville, bien entendu interdit aux vélos !
Je suis donc ce soir à Rouen, en hôtel pas trop éloigné du centre-ville ce qui me permettra de m’y rendre à pieds pour dîner.
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| La trace du jour - 71 km |
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| Premier contact avec la Seine |
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| Maison datée de 1901 |
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| Maisons de bord de Seine |
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| Mon vélo se cultive ! |
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| Maisons de la Cité-jardin |








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