Entre Seine et Somme à vélo - Étape 13

Mercredi 10 juin - de Gaillon à Épône - 73 km

Bon, disons que je me suis juste alimenté hier soir. J’ai un peu essayé de comprendre la stratégie commerciale du couple qui tient cette structure depuis 5 ans, avec un bar et un restaurant à l’abandon et un hôtel qui tourne au ralenti. Ils sont tous les deux d’origine chinoise, la femme parlant mal le français, et, des discussions que j’ai eu avec eux pendant qu’ils me regardaient dîner, rien ne ressort de très clair !

Ciel mi-bleu, mi-gis ce matin et, comme hier, toute la journée alterneront éclaircies, passages plus ou moins nuageux et averses. Avec fraîcheur matinale et relative douceur l’après-midi. Je roule avec un t-shirt à manches longues, que porte habituellement Marie-Claude, et ma polaire sans manche qui m’accompagne depuis tant d’années. Et ma veste de pluie est à disposition immédiate dans ma sacoche de guidon.

Départ à 6h30, trop tôt pour les Chinois ! Le soleil, lui aussi, semble avoir du mal à percer derrière les nuages. Je m’étais écarté de la véloroute hier pour me rendre à l’hôtel et je ne la rejoindrai ce matin qu’à Vernon après une douzaine de kilomètres sur de petites routes à travers jolie campagne et villages eux aussi endormis.

À Vernon, je parviens à prendre mon petit-déjeuner en un seul mouvement dans un bar qui propose des croissants : un croissant donc, accompagné d’un cappuccino puis d’un expresso. Et, comme souveut, je demande à la patronne de me remplir mon bidon (avec de l’eau !). Je re-traverse la Seine en étant surpris depuis le pont par la grandeur des bateaux de croisière qui sont amarrés là en attendant « la saison ».

La véloroute retrouvée me conduit rapidement à Giverny où j’arrive un peu avant 9 heures. Je n’avais pas envisagé de visiter le musée des impressionnistes, mais je pensais pouvoir faire une visite rapide du jardin. Hélas, les deux n’ouvrent qu’à 10 heures, beaucoup trop tard pour moi. Je me contenterai de parcourir la rue principale du village qui présente une succession de boutiques et d’ateliers d’artistes. Tout est fermé aussi, mais bien décoré et fleuri.

J’aurai plus de chance un peu plus loin à la Roche Guyon où, en face du château, un jardin répertorié comme remarquable est ouvert gratuitement au public. Cependant, je n’y verrai rien de très remarquable ! Et bien sûr rien d’expressionniste !

La véloroute m’offre des plaisirs variés. Au bord du Fleuve bien sûr, même si la Seine a du mal à se mettre en scène pour les photos, dans les campagnes avec toujours cet alternance de champs, prés et bois, dans les villages avec leurs maisons aux styles disparates. De beaux points de vue me sont proposés, depuis les coteaux vers la vallée et, réciproquement, depuis la vallée vers les coteaux dans lesquels s’incruste encore quelques pans de falaises.

Cependant, on peut regretter que cette véloroute tant médiatisée ne soit pas complètement finalisée. Il y a quelques passages sur routes sans aucun aménagement pour les cyclistes qui ne savent plus où rouler entre l’étroit passage pour piétons, le caniveau en creux conçu pour l’écoulement des eaux, et le bas-côté de la route souvent en mauvais état. Et il y a aussi des tronçons sur pistes défoncées où il faut naviguer pour éviter les nids de poules comme dans la Plaine des Sables.

Et la signalétique n’est pas parfaite. J’ai dû avoir recours plusieurs fois à ma trace enregistrée pour ne pas m’égarer. Et je suis venu à l’aide de 3 hollandaises, des trentenaires du genre baroudeuses, qui étaient complètement paumées. Parties de Paris, elles vont à Deauville et ne comprennent pas que les panneaux indicateurs n’indiquent pas leur destination finale, mais seulement le nom du prochain village.

À Guernes, je me fais surprendre par la première averse de la journée, mais je trouverai abri dans le seul commerce de ce petit village, un Rapid’Market. Comme il est presque midi et que l’averse se prolonge, le patron m’autorisera gentiment à m’installer avec mon vélo sous le store de son magasin. Je lui achète finalement un taboulé oriental, un sachet de mini saucissons et une Chouffe (c’est une bonne bière blonde et belge) pour pique-niquer sur une petite table.

Une jolie partie se présente ensuite, avec des passages plus sauvages en sentiers le long d’un étang. Cet étang communique avec la Seine et abrite un port de plaisance que je prends le temps de visiter. Il y a un peu d’animation avec les plaisanciers qui se préparent à un prochain départ. Certains bateaux sont en cale sèche, pour entretiens ou réparations sans doute.

Je roulerai ensuite jusqu’à Mantes-la-Jolie pour me payer tardivement en brasserie une mousse au chocolat et un café. Comme d’habitude, ayant fait la plus grande partie de mon parcours, il ne me reste ensuite qu’une dizaine de kilomètres à parcourir pour arriver à Épône où je suis ce soir dans un hôtel-restaurant qui fait restaurant ! Une nouvelle averse est survenue peu après mon installation en chambre que je partage avec mon vélo, aucun autre endroit abrité n’étant possible pour lui !

La trace du jour - 73 km

Le soleil a du mal à percer

Gros bateaux de croisière à Vernon

Des oies me barrent la route !

À Giverny

À Giverny encore

À Giverny toujours

Le château de la Roche Guyon

Depuis le jardin remarquable !

Je roule où ?

Arbres aux pieds d’un coteau incrusté de falaises.


Passage à travers champs

Passage plus sauvage

Au port de l’Îlon


Mon lieu de pique-nique abrité

À Mantes-la-Jolie

Beaux arbres en bord de Seine

En chambre, avec mon vélo !


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