Entre Seine et Somme à vélo - Étape 14
Jeudi 11 juin - de Épône à Argenteuil - 67 km
Curieuse ambiance hier soir dans la salle de restaurant de mon hôtel : tous les clients sont des hommes en soirée-étape. Je sens qu’il serait malvenu de choisir autre chose que le plat du jour. Ce sera donc boulettes d’agneau-tagliatelles accompagné d’un verre de vin rouge indéterminé et suivi d’une mousse au chocolat, moins bonne que la précédente du jour. Aucun contact possible avec ces messieurs qui regardent la télé ou discutent entre eux pour ceux qui se connaissent.
En revanche, au moment de régler ma note et de mettre au point ma stratégie d’échappement de l’hôtel pour ce matin, j’ai une longue discussion avec la patronne qui tient cette structure avec son mari et leur fille. C’est une famille d’origine indienne où ils ont de la famille et où ils se rendent chaque année. Nous parlons de La Réunion et de Maurice où ils souhaiteraient se rendre un jour, surtout à Maurice dont elle connaît bien les liens avec l’Inde. Et nous partageons nos inquiétudes sur la situation mondiale.
Ce matin, départ à 6h15 pour une étape qui va se passer sous un ciel le plus souvent nuageux, mais sans aucunes averses, et qui va comporter plusieurs parties très différentes.
Cela commence comme hier par un parcours plutôt erratique qui n’est pas complètement finalisé. On longe parfois la Seine ou des étangs sur des pistes en terre ou empierrées, on emprunte de petites routes sans aménagements particuliers ou on en longe de plus grandes sur des pistes cyclables étroites et en mauvais état, et on emprunte même quelques sentiers de randonnée vraiment peu adaptés aux vélos, comme le Chemin de l’Eau, œuvre d’un chantier d’insertion, qui me balade à travers une zone de friches, puis dans une forêt.
Cela dit, visuellement, cette partie est plaisante. On est encore dans la campagne, même si des usines ou des immeubles commencent à apparaître au loin. On traverse quelques parcs et zones de loisirs. Mais on accède à aucuns villages, on fait beaucoup de détours et on n’avance pas vite. Tout cela fait qu’il me faudra presque 3 heures, pauses photos comprises il est vrai, pour enfin, à Andrésy, trouver une accueillante boulangerie, avec tables sur le trottoir, et pouvoir enfin m’alimenter un peu : pain au chocolat, jus d’orange, grand café, et 2 chouquettes offertes par la gentille boulangère.
À partir de là, je sais d’après ma trace enregistrée que tout devient facile : il n’y a plus qu’à suivre la Seine au plus près. Je ne me préoccupe plus de la signalétique et roule confiant avec le cours d’eau à ma droite. Et c’est ainsi que je m’embarquerai bêtement dans la remontée de l’Oise, la confluence m’ayant échappée ! Demi-tour donc et retour en rive de Seine après avoir franchi l’Oise sur le pont de Conflans-Sainre-Honorine, nom qui aurait dû éveiller mon attention.
S’ensuit un tronçon tranquille le long du fleuve, soit sur petites routes à très faible circulation pour les parties urbanisées, soit sur pistes en terre bien damées dans les parties boisées. Sur le versant à ma gauche, on observe quelques belles propriétés privées, individuelles ou collectives. Tout cela est assez cossu ! Curieusement, l’autre rive de la Seine ne présente aucunes construction : c’est une forêt continue que l’on voit défiler.
Soudain, sur la commune de Cormeilles-en-Parisis, un quartier nouveau apparaît et tranche avec le côté un peu suranné qui prévalait jusque là. C’est un assemblage d’immeubles colorés, avec plan d’eau intégré. L’esthétique ne me déplaît pas. Peu après, les vélos se trouvent séparés par un mur du chemin piétonnier et on ne bénéficie plus des points de vue vers le fleuve. Comme cela semble durer, je décide de quitter ce bord de Seine. Cela me permettra de voir un peu l’intérieur des villes et aussi de raccourcir mon parcours en neutralisant un méandre de la Seine.
Je vais ainsi traverser successivement Sartrouville, Houilles et Bezons qui sont en fait des villes accolées, le passage de l’une à la suivante étant indistinct. Dans la première, je fais ma pause-repas dans un restaurant portugais (on ne trouve aucun restaurant français). Je choisis l’arroz de cabidela, ce que la serveuse me déconseille car, selon elle, c’est spécial ! En effet, il s’agit de poulet cuisiné avec son sang et dans du riz. J’ai trouvé cela très bon !
Après cela, je poursuis mon parcours urbain à travers ces villes ouvrières en empruntant de petites rues ou des pistes cyclables. On n’est plus du tout dans les villages à la population aisée des bords de Seine ! Mais il m’a semblé que les petits immeubles d’habitation ne dénotaient pas la pauvreté. Je rejoins la Seine et la traverse sur le pont de Bezons pour rejoindre la véloroute entre-temps passée en rive gauche.
Cette partie est une voie verte très agréable, avec de beaux grands arbres. Elle file tout droit entre la Seine et le vaste parc Pierre Lagravère dans lequel je m’aventure un moment. On y trouve des installations de loisirs, des tables de pique-nique ou de jeux. Au pont-aqueduc de Colombes, je retraverse la Seine pour rejoindre l’hôtel-restaurant Campanile d’Argenteuil où je me trouve ce soir, avec comme hier le vélo dans ma chambre. Il a fallu le faire monter par l’ascenseur jusqu’au deuxième étage !
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| La trace du jour - 67 km |
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| Sur le Chemin de l’Eau : mon vélo stoppé par mon ombre ! |
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| À bord d’une péniche |
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| Base de loisirs du Val de Seine |








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