Entre Seine et Somme à vélo - Étape 6

Mercredi 3 juin - de Amiens à Abbeville - 55 km

Hier soir, la pluie ayant cessé, je fais un petit tour à pied dans la ville, passe voir la si imposante cathédrale  et me rends dans une brasserie qui propose des ficelles d’Amiens, spécialité locale qui m’avait été recommandée. Il s’agit d’une crêpe roulée, fourrée avec jambon et champignons, nappée d’une sauce béchamel et gratinée. C’est bon ! Je l’accompagne par un verre de côte du Rhône et termine par un trou normand. Un dîner léger !

Retour en chambre pour publication lente des photos sur le blog. Endormissement tardif et réveil matinal. Je ne dors clairement pas assez. Cependant, je ne ressens aucune sensation de fatigue jusqu’à maintenant ! Ce matin, je reprends mon habitude de partir tôt, avant 7 heures, sans petit-déjeuner. J’erre un peu dans la ville avanr de retrouver la véloroute le long du canal.

Je rattrape rapidement Dominique, une professeure d’allemand qui se rend presque tous les matins en vélo à son collège de banlieue. Nous roulons ensemble une dizaine de minutes en discutant. J’apprends que l’Education Nationale accorde maintenant une prime aux personnels qui n’utilisent pas leur voiture pour aller travailler ! Nous nous quittons trop vite, en échangeant juste nos prénoms : je ne pouvais quand même pas l’accompagner jusqu’à sa salle de classe pour une rencontre avec ses élèves, pour la plupart en difficultés mais attachants selon elle.

Ma tristesse ne durera pas car mon parcours d’aujourd’hui va être absolument délicieux. Les eaux de la Somme et celles du canal sont le plus souvent mêlées, sauf bien sûr au niveau de chaque écluse et sur quelques tronçons où le fleuve se laisse aller à de trop paresseux méandres. Du coup, on baigne dans une ambiance sauvage, entres bois et étangs, avec beaucoup de sinuosité. Sur la rive opposée à la piste cyclable, les branches des arbres viennent se désaltérer dans les eaux : bel effet !

Curieusement, les hérons, qui hier m’avaient régalé en grand nombre de leurs vols planés, ne se donnent pas en spectacle. Mais les cygnes sont toujours là et, aux abords des villages, les oies aussi. Ils et elles me feront perdre beaucoup de temps avec mon obsession à tenter de les photographier pour Élise, et d’ailleurs pas seulement pour elle.

Il faut dire que chaque pause photo est assez longue. Il faut d’abord installer correctement le vélo sur sa béquille pour qu’il ne tombe pas. Ensuite, pour les paysages, il suffit de bien ajuster le cadrage et veiller à l’éclairage. Mais, pour ces maudits animaux, c’est plus compliqué : ils sont trop loin, ils plongent leur tête dans l’eau, ils bougent, ils ne me regardent pas, etc. La plupart des photos prises sont décevantes ; j’en supprime 9 sur 10 ! Mais il y a heureusement quelques réussites.

Comme cette étape est courte, je fais des petits écarts vers les villages. Je les trouve à nouveau bien fleuris, avec encore quelques bâtisses typiques en briquettes, mais le ciel gris ne contribue pas à une mise en valeur. En matière d’habitat, j’ai remarqué, à la sortie d’Amiens, un alignement de maisons à étages toutes semblables, sans doute construites par une fabrique pour loger ses ouvriers.

Hormis celles dédiées aux photos, je n’ai fait que trois vraies pauses. Lors de la première, à Ailly-sur-Somme, je m’achète en boulangerie une chocolatine que j’emmène au bar d’à côté pour l’accompagner d’un jus de fruit et d’un café puisque c’est ainsi que l’on doit ici procéder. La deuxième, à Long, s’impose car j’ai oublié de remplir mon bidon d’eau : j’étancherai ma soif d’une bière prise au comptoir du bar du village !

Enfin, après la soif, c’est la faim qui me tenaille ! La troisième pause sera donc pour déjeuner, en un lieu atypique : un restaurant flottant, installé dans une péniche amarrée à Eucourt-sur-Somme. Le choix des plats est limité et le patron a beaucoup de bagout : il me convainc de goûter à la ficelle picarde cuisinée par sa femme selon la recette originelle. Je me laisserai gentiment faire ! La principale différence avec celle d’hier soir est que la béchamel est remplacée par de la crème fraîche. C’est tout aussi bon !

Je ne m’attarde pas trop car la pluie est annoncée pour 16 heures. Elle sera malheureusement en avance et m’arrosera pour mon dernier quart d’heure de pédalage jusqu’à Abbeville. Rien à voir cependant avec la méchante averse d’hier : il s’agit d’une petite pluie fine peu dérangeante. Je file néanmoins vers mon hôtel du soir. Mon vélo est maintenant à l’abri et moi aussi !

Comme hier, si la pluie cesse, je ressortirai plus tard pour faire un tour à pied dans la ville et pour dîner. Mais pas question de ficelle ce soir !

La trace du jour - 55 km


Maisons ouvrières à la sortie d’Amiens







Le restaurant flottant

La ficelle picarde


La cathédrale d’Abbeville



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