Entre Seine et Somme à vélo - Étape 7

Jeudi 4 juin - de Abbeville à Woignarue - 49 km

Pas de tour dans la ville hier soir : la pluie menace et je ne veux pas me remouiller. Je cale au restaurant en face de l’hôtel et dîne simplement : une pièce du boucher (on ne sait jamais exactement ce que c’est !) peu goûteuse mais tendre, avec un verre de Plan de Dieu (mais oui !), et un dessert sorbet citron, compotée d’ananas (non Victoria !). Et, pour le première fois, un Calvados en digestif.

Il en résulte, pour la première fois aussi, une nuit correcte, avec seulement 2 brèves interruptions dans mon sommeil et un réveil à la sonnerie du smartphone à 6h30. Petit-déjeuner industriel à l’hôtel en compagnie à cette heure de commerciaux en soirée étape. Départ à 7h30 en mode pluie compte tenu des prévisions météo vues à la télé.

En aval d’Abbeville, le canal file tout droit et à plat sur 15 kilomètres jusqu’à Saint-Valery-sur-Somme. Je décide de filer moi aussi en roulant à bonne allure. Je fais quand même une pause pour causer un peu avec un vieux monsieur, assis sur un banc, dont le chien laissé libre batifolait sur la piste. Depuis qu’il est veuf, il passe ici plusieurs heures par jour à regarder les cyclistes passer, mais rares sont ceux qui s’arrêtent. Il me remercie de lui avoir accordé un peu de temps !

Saint-Valery-sur-Somme est un joli port de pêche et de plaisance. Je m’arrête à « L’Arrivage » qui fait de la vente « en direct du bateau ». La vendeuse m’autorise à faire quelques photos de son étalage. Elle m’explique qu’elle vient de vendre son local, qui sera reconverti en boulangerie, car son activité n’est pas rentable avec les gens qui vont acheter le poisson en grandes surfaces ! Pourtant, ses prix sont nettement moins élevés ! Et je trouve que les soles et les ailes de raies font envie.

C’est en quittant le port qu’une première grosse averse me tombe dessus soudainement. Je m’en tirerai sans trop de dommages en me réfugiant avec mon vélo dans un local à poubelles pendant une dizaine de minutes. Je me doute bien ça recommencera… Je décide néanmoins de faire un petit détour vers la pointe du Hourdel, connu pour offrir un beau point de vue sur la baie de la Somme, elle-même connue pour être la plus belle du Monde ! 

Mais j’y arrive au moment du déclenchement d’une deuxième averse. Heureusement, il y a là un bar-restaurant dans lequel tous les touristes se précipitent. J’en fais autant en confiant mon vélo à la protection d’un arbre. Un cappuccino plus tard, le ciel se dégagera et une assez belle éclaircie nous permettra de sortir pour apprécier la beauté de la fameuse baie. Je fais ce que je peux pour la saisir en photos, mais les résultats ne seront pas à la hauteur de ce qu’ont vu mes yeux.

Redémarrage ensuite pour me diriger vers Cayeux-sur-Mer, distant de 7 kilomètres. C’est là que les choses se gâtent vraiment : le vent, faible jusqu’ici, se renforce très vite et la troisième averse survient. Cette fois, aucun échappatoire ne se présente et la pluie se transforme en grésil qui vient fouetter mes jambes nues. Je baisse la tête pour offrir mon casque à ce mitraillage en poursuivant mon pédalage. Tout cela durera bien un quart d’heure !

J’arrive à Cayeux transi et trempé, mais sous le soleil soudain réapparu ! Je vais jeter un rapide coup d’œil au bord de mer. Le long alignement des cabines de bain fait face à une plage de galets et à une mer démontée. Tout est désert bien sûr. Je ne m’attarde pas et rentre dans le premier restaurant trouvé, presque davantage pour me réchauffer et me sécher que pour manger !

Mais bien sûr je ne résisterai pas à la formule du midi proposée : moules marinières-frites avec un verre de vin blanc ! Ce sont des moules de Bouchot du Crotoy, petites mais goûteuses : un bon reconstituant déjà, mais je me laisserai encore tenter par des profiteroles ! Je repars ragaillardi, sachant qu’il ne reste plus que 10 kilomètres à parcourir et que la météo n’annonce plus de pluie pour l’après-midi.

Mais le vent, lui, est toujours là et s’est même considérablement renforcé. La nouvelle véloroute que je suis maintenant, appelée Vélomaritime, s’éloigne du bord de mer et prend une direction générale sud-ouest, précisément celle d’où vient le vent ! Sur certaines portions, le pédalage sera vraiment difficile et mon allure proche de celle d’un piéton ! Cependant, le paysage est plaisant avec des zones de marais puis de prés à vaches. Pour faire quelques photos, impossible d’abandonner mon vélo qui serait aussitôt renversé : je reste en selle, les 2 pieds au sol bien écartés !

Je suis ce soir au Domaine de la Mer que j’avais mal localisé, d’où un inutile aller-retour final de 4 kilomètres. Je n’avais pas bien compris non plus, en réservant ma chambre, qu’il s’agissait en fait d’un hôtel-restaurant, ce qui me contraindra donc à un nouveau bon repas !

La trace du jour - 49 km


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