Entre Seine et Somme à vélo - Étape 10

Dimanche 7 juin - de Cany-Barville à Bolbec - 60 km

Hier soir, mon dîner à la crêperie fut vite expédié : une galette et une crêpe, toutes deux qualifiées de normandes, mais pas extraordinaires, avec une demie-bouteille de cidre brut, lui aussi normand, mais très bon. Je suis contrarié car Marie-Claude a un problème de batterie avec la voiture et car je n’y peux rien ! Endormissement difficile, réveils fréquents, lever à 6h15 pour un départ à 7 heures sans réveiller ma logeuse comme convenu.

Jusqu’à Fécamp, l’itinéraire est entièrement sur l’ancienne voie ferrée. Tout est en douceur, les courbes comme le profil même si certains faux-plats montants m’ont semblé un peu longs. Il y a beaucoup de passages en forêt que je continue à appréhender d’autant qu’avec le vent de petites branches sont tombées : elles pourraient porter quelques épines ! Mais, c’est joli avec une grande variété de feuillus.

Curieusement, il n’y a plus aucun champ sur cette partie. Cette micro-région est vouée à l’élevage. Les prés successifs contiennent vaches, moutons, chevaux. Et, aux abords des villages, on voit quelques poules dans les cour. En revanche, le seul animal sauvage que j’apercevrai est un lièvre qui traversera la piste pour passer d’un bois à un pré.

Il y a un très grand nombre de passages à niveau sur cette voie, plus de 80 en tout entre Dieppe et Fécamp. Les vélos, contrairement aux trains qu’ils remplacent, n’ont pas la priorité, ce qui fait beaucoup de stops cassant l’allure. Et autant d’anciennes maisons de garde-barrière dont le sort est variable, certaines à l’abandon, les autres plus ou moins bien restaurées.

Quant aux anciennes gares, elles sont souvent situées en pleine campagne, à bonne distance des villages qu’elles sont censées desservir. Cela me fait penser à certaines de nos actuelles gares de TGV ! Les noms des villages, souvent à rallonge, me laissent pantois : Grainville-la-Teinturière, Sassetot-le-Mauconduit, Angerville-le-Martel, Theuville-aux-Maillots, etc.

À Fécamp, après 2 heures de pédalage continu, je vais enfin me payer en boulangerie un pain au chocolat, à une seule barre aujourd’hui, un jus multifruit et un café. Je longe le port, puis la plage, de galets toujours, jusqu’au pied des hautes falaises, vraiment spectaculaires. Ressortir de la ville nécessitera un effort soutenu avec une longue montée, heureusement pas trop longue.

Au sommet, à Saint-Léonard, je quitte définitivement le bord de mer. J’emprunte une véloroute régionale, appelée VéloCauchoise, qui relie la Manche à la Seine : exactement ce qu’il me fallait ! Elle traverse cet arrière-pays de Caux cher à Maupassant. Je fais d’ailleurs ma pause-déjeuner à Goderville dont une rue porte son nom et qui fut le théâtre d’une de ses nouvelles.

C’est à l’Auberge des Voyageurs que je m’installe pour cette pause. Les tables sont rapprochées et je peux entamer des conversations avec un couple de cyclistes à ma gauche et une vielle dame du village à ma droite qui, vivant seule, vient déjeuner dans ce restaurant tous les midis le samedi et le dimanche. Ce sont ses petits extras !

Les cyclistes, eux, sont des férus de grands périples à vélo depuis qu’ils ont pris leur retraites. Ils ont parcouru plusieurs grands itinéraires à travers la France qu’ils considèrent comme un vaste jardin. Nous sommes bien d’accord sur ce point ! Je leur fais part de mes parcours en boucle, idée qu’ils trouvent intéressante pour se cantonner à une règion.

Cette VéloCauchoise me plaît bien. La signalétique est correcte, même si j’ai dû avoir recours à la trace sur mon smartphone à certaines intersections et dans les villages. Ce plateau cauchois est gentiment vallonné. J’y vois à nouveau davantage de cultures que d’élevage, mais pas de monoculture. On trouve de tout : blé, orge, betterave, pomme de terre, lin.

Quelques considérations sur les habitations pour terminer cet article. On photographie surtout les monuments et les belles demeures, anciennes ou modernes. Mais il y a bien sûr beaucoup de maisons plus modestes. Et les inégalités sociales sont manifestes, entre par exemple les logements ouvriers de bordure de route à la périphérie de Fécamp et les somptueuses villas bourgeoises quelques kilomètres plus loin.

Au terme de cette belle journée, sous un ciel encore couvert certes, mais sans pluie ni vent, je suis ce soir à Bolbec dans une toute petite chambre d’un hôtel qui ne fait pas restaurant et il n’y a pas grand chose d’ouvert le dimanche soir dans cette petite ville. Une pizzeria peut-être…

La trace du jour - 60 km

Mon vélo aime les bouleaux !


Belle demeure !

Beaux chevaux !

Port de Fécamp

À Fécamp, hautes falaises

Au pied des hautes falaises

Modestes logements anciens à la sortie de Fécamp

Récentes villas bourgeoises un peu plus loin

Villa cossue et cour fleurie




Commentaires

  1. Que la pizza soit aussi bonne que les nôtres ! Nous te souhaitons une meilleure nuit et un temps favorable pour l’étape à venir. D&G

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