Entre Seine et Somme à vélo - Étape 12

Mardi 9 juin - de Rouen à Gaillon - 83 km

Hier soir, je me rends confiant dans un restaurant ayant à sa carte du boudin noir grillé à la normande, spécialité que je n’avais pas encore eu l’occasion de goûter cette année. Déception, il était en « en rupture ». Mais je me satisferai bien d’un bœuf bourguignon, d’un verre de pinot noir, d’une crêpe aux pommes et beurre salé et d’un calva.

Sommeil par petits bouts, réveil tardif à 5h30, départ ventre vide à 6h15. Grande surprise, le ciel est tout bleu. Mais ça ne va pas durer ! Les nuages apparaîtront bien vite et se feront de plus en plus denses au long de la matinée. Heureusement, la grosse averse tombera précisément quand je serai attablé ! De belles éclaircies reviendront l’après-midi, mais le vent, très discret le matin, viendra contrarier mon pédalage.

Ce matin, j’ai continué à suivre l’itinéraire alternatif que j’avais conçu pour éviter de suivre les méandres de la Seine. Je quitte la ville facilement en appréciant comme hier les pistes cyclables qui longent la plupart des routes, puis j’emprunte, au pris d’une bonne montée, la Route de la Corniche qui offre un superbe panorama sur l’ensemble de l’agglomération rouennaise, point de vue qui a inspiré Claude Monet.

Je traverse en ensuite deux villes de banlieue, Bonsecours et Le Mesnil-Esnard, que je trouve sans cachet particulier. Dans le second, je vais ma pause petit-déjeuner selon l’enchaînement bien maîtrisé : achat, d’une brioche aujourd’hui, en boulangerie, puis consommation avec un cappuccino au bar d’à côté.

Après cela j’avais prévu de regagner la vallée en empruntant une départementale, la D95 précisément, mais la circulation de voitures et camions va se révéler trop intense à mon goût. Je déciderai donc de passer par de plus petites routes, de villages en villages. Cela va notablement rallonger mon parcours, mais j’y trouverai mon plaisir à travers la campagne que j’aime, celle qui offre un bel équilibre entre champs, prés et bois.

À Pitres, je retrouve la Seine. Mon plan était de la traverser par une passerelle, réservée aux piétons et aux cyclistes, afin de rejoindre en rive gauche la véloroute de la Seine à Vélo. Mais ladite passerelle a subi de gros dommages et son accès est formellement interdit. Je devrai donc rester en rive droite jusqu’à Andé en empruntant sur 12 kilomètres une nouvelle départementale.

Heureusement, celle-ci est fort peu fréquentée. De plus, elle longe le fleuve aux pieds de blanches falaises successives et en traversant de petits villages fleuris dont certaines maisons de caractère attirent le regard. Finalement, ce tronçon ne me déplaira pas. Et je change de rive grâce à deux ponts successifs car la Seine est à cet endroit divisée en deux bras. Cela est d’ailleurs assez fréquent, avec comme conséquence, la présence d’îles.

J’en ai terminé avec mes infidélités : je vais maintenant suivre scrupuleusement le tracé de la véloroute. Ce n’est pas monotone car on alterne les passages au plus près de l’eau et les escapades vers la campagne. Mise à part une partie non aménagée, sur une mauvaise piste cabossée, les revêtements sont de bonne qualité, aussi bien sur routes partagées que sur voies vertes.

Aux Andelys, la véloroute passe en rive droite. Après une photo du pont sur l’eau et du château sur le coteau, je fais un assez long aller-retour pour me rendre en centre-ville où je déjeune dans une brasserie. Les tables sont espacées et je ne pourrai entamer aujourd’hui aucune conversation ! En entrée, je sacrifie au grand classique de l’été : salade-tomates-melon-jambon sec. Tout dépend du melon et il était bon. Ensuite, saumon à la crème, juste correct. Et en dessert une honorable mousse au chocolat. En bref, un repas de brasserie !

Cet après-midi, j’ai droit à une joli passage entre la Seine et un étang dont le verrou se franchit sur une passerelle, non endommagée ! Je n’en profite cependant pas pleinement en raison de mon ennemi qui m’attaque de front, moins violemment quand même qu’il y a quelques jours en bord de Manche. À Courselles-sur-Seine, je change à nouveau de bord pour rejoindre mon hébergement du soir.

Il s’agit d’un hôtel-restaurant situé sur le chemin de halage en bord du fleuve et à l’écart des villages. Hélas, le gérant m’apprendra à mon arrivée qu’il ne fait plus restaurant ! Mais, en cherchant dans ses réserves personnelles, il a accepté de me faire des saucisses grillées et des frites, avec un verre de vin rouge et un yaourt ! j’irai déguster tout cela dans un instant…

La trace du jour - 83 km

Vue sur Rouen depuis la Corniche

Vue zoomée pour imiter le cadrage de Monet

Le tableau de Monet

Les vaches dorment encore

Blés, pré et bois

Passerelle interdite




Piste cabossée

Coquelicots, blés et falaises


Les Andelys

Pont et château dès Andelys





Commentaires

  1. Ton circuit me semble bien tortueux aujourd'hui comme si tu n'avais pas envie de te rapprocher de la capitale et donc de la fin de ton périple.Certes la météo n'est pas idéale mais la canicule qui a précédé ton arrivée n'aurait pas été géniale. Chaque jour de chaque année je me demande comment tu peux pédaler le ventre vide le matin.....Chapeau l'artiste .Bises

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