Entre Seine et Somme à vélo - Étape 4

Lundi 1er juin - de Beaurains-lès-Noyon à Péronne - 51 km

Bon moment d’échange hier soir à l’apéro avec Aude et Dave. Ils forment un couple sympathique et atypique, elle Picarde, lui Américain. Les verres d’une bonne sangria bien fraîche délient nos langues. J’apprends notamment qu’ils ont rénové la longère des parents de Aude pour y installer leur trois chambres d’hôtes de charme. Etant leur seul hôte, j’ai bénéficié de la vaste chambre familiale à l’étage aménagée en alliant le moderne et l’ancien avec la conservation des poutres apparentes.

Malheureusement, ils ne font pas vraiment table d’hôtes, activité qu’ils jugent trop contraignante. Ils proposent une formule du terroir qui comporte un plat et un dessert en conserve dans des bocaux, du pain et une boisson. Ce sera pour moi un parmentier de canard, réchauffé au micro-ondes, un baba au rhum et un quart de vin. Ce ne fut pas mauvais, mais vite expédié pour remonter en chambre afin de publier sur mon blog les photos du jour, activité qui me prendra plus d’une heure.

Dodo médiocre, n’en parlons pas ! Mon étape du jour étant courte, j’ai consenti ce matin à prendre le petit-déjeuner négocié à 7 heures. C’est un festin qui m’est offert et je me force à picorer un peu de tout : du fromage, un yaourt, une part de tarte aux mirabelles, une petite cuillère de chacune des confitures faites maison, et même des fruits, un abricot et quelques fraises. Ouf !

Mais c’est surtout un nouveau intéressant moment d’échanges avec Aude et Dave qui me parlent surtout du grand projet de construction d’un nouveau grand canal appelé Seine-Nord-Europe qui remplacera, entre autres, l’actuel canal du Nord. Ce projet suscite beaucoup d’oppositions, mais, comme d’habitude, sa réalisation est déjà commencée avant même que les recours aient été examinés.

Je démarre enfin à 8 heures et rejoins rapidement la piste cyclable longeant le canal. Elle est globalement en bonne état : rien à voir avec ces pistes défoncées, fissurées, mal rapiécées, qui bordent trop souvent des routes quant à elles parfaitement revêtues. Le canal, lui, est large, avec des longues parties rectilignes, plus adapté au trafic marchand qu’à la plaisance. Les écluses sont automatisées et grillagées, les anciennes maisons d’éclusiers abandonnées, sans fleurissement ni potager évidemment. Bref, ce n’est pas le plus beau canal que j’ai connu ! Mais on y voit quand même quelques cygnes sur l’eau et des buses et des hérons dans les airs.

Après une dizaine de kilomètres, il n’est plus possible de longer le canal, dont le bief de partage, entre les versants Oise et Somme, est en tunnel. Il faut donc s’élever un peu et traverser un plateau vallonné par de petites routes à très faible circulation automobile. C’est très plaisant : le paysage est un patchwork composé de parcelles variées de blé, maïs, orge, betteraves. Il ne manque que les tournesols, sans doute non adaptés au climat un peu trop rude. Et il y a aussi de nombreux champs… d’éoliennes ! Heureusement, elles tournent aujourd’hui au ralenti !

Je traverse plusieurs petits villages, tous abondamment fleuris. Et les maisons anciennes, construites en briquettes rouges, contribuent à donner de la couleur. Je fais un détour pour passer par Nesle, seul village de mon parcours comportant quelques commerces. Je m’y achète un pique-nique que je consommerai plus tard, une fois le canal retrouvé, sur une table de la place de l’église de Briost.

Sur la fin de mon étape, je rattrape (facilement !) un couple de randonneurs portant de gros sacs à dos. Je m’arrête à leur niveau, engage la conversation, et mets pieds à terre pour la poursuivre en marchant avec eux pendant un bon quart d’heure. Maryline et Bruno sont des jeunes de 68 ans qui en terminent cette année avec un tour de France pédestre entamé il y a 10 ans, à raison d’un mois de marche par an. Ce sont des purs et durs qui portent leur tente et leur popote. Ils vont en terminer avec leur aventure dans 3 jours en regagnant leur maison à Amiens.

J’arrive assez tôt à Péronne, repère mon hôtel de ce soir proche du centre-ville et m’installe dans une brasserie en attendant le check in possible seulement à partir de 16 heures. J’y sirote une Grimm blonde, écrit le début de cet article et finalement réserve une table pour plus tard. Je suis maintenant bien installé dans une petite chambre single. J’ai pris ma douche et fait ma lessive par la même occasion, selon ma technique habituelle.

Tout irait bien si je n’avais pas consulté la météo qui annonce en créole : zordi soley, mé domin la pli !

La trace du jour : 51 km

Mon vélo admire les reflets dans le canal !






Commentaires

  1. Bonsoir Marc,
    Bien bien tout cela. La météo va peut être se tromper. Mais tu ne dévoiles pas ta technique de lavage. J'aimerai en savoir plus car dans 3 semaines nous partons pédaler en Bretagne.
    Bises et bonne continuation
    François et Michèle

    RépondreSupprimer
  2. Coucou, déjà 4 étapes de franchies sans que j'ai eu le temps de t'écrire. J'ai retrouvé mon petit bonheur du soir, un moment en la compagnie de ta prose et de tes photos. Toujours identique à toi même, curieux, poète au coup d’œil toujours prêt à saisir la petite touche qui rend tes prises de vue uniques. Pédale bien bien pour mon plus grand plaisir dans mon fauteuil

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Entre Seine et Somme à vélo - Le projet

Entre Seine et Somme à vélo - Étape 1

Entre Seine et Somme à vélo - Étape 2