Entre Seine et Somme à vélo - Étape 9

Samedi 6 juin - de Dieppe à Cany-Barville - 61 km

Après quelques recherches et consultations d’avis, je me rends hier soir au Comptoir à huîtres. En pensant à mes amis Evelyne et Bernie, que je devais retrouver à Dieppe autour d’une bonne table, mais qui ont dû renoncer, je me régale successivement d’un plateau de fruits de mer et d’une aile de raie. J’ajoute juste un Calvados pour digérer et dormir sans douleurs lombaires et sans tomber du lit.

Assez bonne nuit donc, mais réveil très matinal. Je décide de commencer à rouler et démarre à 6h30. Dans la ville, c’est l’heure de la tournée des éboueurs et de l’installation du marché de rue. Je m’en extrais rapidement et m’échauffe bien le corps et les mollets avec une assez longue montée, heureusement régulière et douce. Au sommet, un joli panorama s’offre vers Pourville, sa plage et ses falaises. Une belle descente me mène à cette petite ville, plus jolie vue de loin que de près.

C’est là que j’avais le choix entre deux options. La première était de continuer à suivre la Vélomaritime. Mais cela m’aurait engagé dans un parcours semblable à celui d’hier avec successions de montées au sommet des falaises et descentes vers les villes côtières. De plus, il se trouve que j’ai passé plusieurs fois dans ma jeunesse des vacances à Saint-Valery-en-Caux : le père nous déposait là, avec ma mère et mes deux frères, et venait nous rechercher un mois plus tard. Ce sont des souvenirs mitigés que je n’ai pas spécialement envie de réactiver.

C’est donc la seconde option que j’ai retenue en empruntant la Véloroute du Lin, alternative à la Vélomaritime jusqu’à Fécamp. En grande partie, il s’agit en fait d’une voie verte aménagée sur l’emplacement de l’ancienne voie ferrée qui reliait Dieppe à Fécamp en desservant les villages sur le plateau.

De nombreux passages sont en sous-bois. Ils sont agréables, mais je les redoute un peu en raison des risques de crevaison. Le reste du temps, on pédale à travers champs ou près. Dans les champs, on trouve surtout de l’orge, un peu de blé ou de betteraves, et bien sûr le lin.

Un peu de déception de ce côté car, en juin, je m’attendais à voir de  grandes étendues toutes bleues. Mais il y a un peu de retard dans la floraison et seuls certaines parcelles sont fleuries. De plus le soleil manque pour sublimer le tableau et le vent qui balaie sans cesse les frêles tiges rend à peu près impossible la prise d’une photo qui ne sera pas floue.

En revanche, j’ai bien aimé retrouver les vestiges du patrimoine ferroviaire que sont les anciennes gares ou maisons de garde-barrière. Elles sont ici bien conservées. Les premières ont parfois retrouvé une fonction, comme celle de Saint-Pierre-le-Viger qui est devenue la mairie du village. Les secondes sont presque toutes habitées et égayées de quelques fleurs.

Je trouve aussi un plaisir à franchir la vallée de la Saâne, franchir étant un grand verbe car la descente comme la montée sont presque imperceptibles. C’est que j’ai déjà rencontré ce fleuve côtier… en tant que cruciverbiste ! Sur le terrain, il n’est pas bien large, mais ses eaux sont claires et vives.

Et puis il y a les villages que je vais visiter un à un. À offranville, après une heure et demie de pédalage, je trouve une toute petite boulangerie, mais qui a tout compris : une table est installée à l’intérieur pour me permettre de petit-déjeuner au chaud. Élise aurait adoré mon pain à 2 barres de chocolat ! Plus loin, alors que quelques grosses gouttes de pluie intermittentes se manifestent, je fais une seconde pause dans le joli village de Luneray et m’offre un chocolat chaud en pensant encore à Élise !

J’avais envisagé aujourd’hui de m’acheter un pique-nique à manger sur une des aires installées le long de la voie, mais la météo m’en dissuade. En cherchant sur Internet, je trouve à Saint-Pierre-le-Viger un estaminet qui se révélera un lieu accueillant, portant bien son nom. Je m’y paie simplement la formule du jour avec un plat du Nord nommé « Eul singe frites » sur l’ardoise et qui est en fait une sorte de corned-beef amélioré.

L’après-midi sera plus difficile pour 2 raisons. Tout d’abord, sur environ 15 kilomètres, la voie verte s’interrompt : l’ancienne voie ferrée, laissée à l’abandon, n’a pas été aménagée. La véloroute emprunte donc une succession de petites routes avec un peu de vallonnement. Et puis surtout le vent s’est beaucoup intensifié et souffle en rafales assez fortes. J’arriverai péniblement à destination en mettant nettement plus de temps que prévu.

Je suis ce soir en chambre d’hôtes à Cany-Barville qui est un assez gros bourg. Je me suis réservé une table à la crêperie du village, seul lieu de restauration possible le samedi soir.



Le panorama sur Pourville

Départ de la Véloroute du Lin

La voie verte en sous-bois

La voie verte à travers champs

Près à vaches

Champ de lin non fleuri

Ancienne maison de garde barrière

Ancienne gare devenue mairie

L’église de Luneray

Eul singe frites

Lins et coquelicots

Fleurs de lin


Pré à moutons

Tronçon non aménagé en voie verte


Commentaires

  1. Mais non, nous n'avons pas oublié notre valeureux cycliste, nous sommes également sur nos vélos habituels qui nous ont amenés ce samedi soir chez Guylaine et Daniel pour réfléchir autour de la toujours sombre question du maronage. Ave un seul r, mais oui. Nous avons aussi sacrifié aux agapes puis sommes rentrés sur les routes pas encore embouteillées. J'ai aimé, les fleurs de lin et les coquelicots sur tes routes à toi. Il me semble toujours que c'est dans tes roues que se loge la sagesse. Mais on désire toujours ce qu'on n'a pas. C'est bien connu. Quand tu reviendras, il fera meilleur. Les soirées sont presque fraîches. Le caillou se languit de toi. tendramicalement IZA

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Entre Seine et Somme à vélo - Le projet

Entre Seine et Somme à vélo - Étape 1

Entre Seine et Somme à vélo - Étape 2